Nadia Ghiaï-Far

Textes critiques

Hautes vibrations, par Jacques Bouzerand

Le feu et la glace, l’air et l’eau, la terre et le ciel…. Entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, au cœur des éléments qui composent notre espace d’existence, notre aire de jeu, l’œuvre de Nadia Ghiaï-Far donne à percevoir toute la multitude des sensations de la vie. Tourbillon. Vertige.

La peinture se fait ici plaque sensible des perceptions les plus infimes et les plus intimes. Elle les amplifie en les visualisant et en leur offrant corps. Comme un haut-parleur, un haut-vibreur. Une chance pour ceux qui veulent aider et nourrir leur capacité à saisir l’imperceptible. Une mise au jour. Une mise à nu.
Chacun, à sa manière, peut commenter le travail d’un peintre et naturellement aussi, celui, singulier et créatif, de Nadia Ghiaï-Far. Personne n’est tenu par la main pour y inscrire une lecture. Et personne ne peut jurer que son décryptage est le plus juste ou le meilleur. Mais, au fond, peu importe . L’artiste, une fois qu’elle a lâché ses pinceaux, n’est plus maître de l’interprétation des toiles qu’elle présente. C’est la générosité du cadeau qu’elle fait au spectateur. Et là, celui-ci peut s’en donner à cœur joie.

Je ne peux, en regardant les toiles de Nadia Ghiaï-Far, m’empêcher de penser à des miroirs magiques comme ceux que Jean Cocteau installait dans ses films entre le réel, la réalité vécue par ses personnages et l’au-delà dans l’imagination du poète. La porte du grand dépaysement. On sait où l’on est, d’où l’on part, ici et maintenant, mais une fois franchie la surface du miroir, du tableau, c’est le grand voyage vers l’inconnu. On se sent entraîné dans une galaxie nouvelle où les dimensions, les surfaces et les sons eux-mêmes sont différents. Etre transporté hors des contingences, enlevé vers un ailleurs de l’art, que demander de mieux à un artiste ? C’est l’enrichissement intérieur que nous propose Nadia Ghiaï-Far.


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