Nadia Ghiaï-Far

Bio

Induire le rythme du vivant


Nadia Ghiaï-Far est née le 7 juillet 1970 à Téhéran (Iran). En décembre 1978, à la veille de la révolution islamique, sa famille s’installe à Paris.
Après des études de philosophie, elle se consacre entièrement à la peinture qu’elle pratiquait déjà en autodidacte.
Depuis 1997, Nadia Ghiaï-Far vit et travaille à Paris et dans les Alpes.




« Aller chercher là où les choses ne font plus écran aux yeux, au corps, là où les yeux pénètrent dans une réalité qui a quitté son voile externe. Aller voir sous la peau.

Laisser mon corps s’imprégner des échanges respirants-étouffants avec le dehors. Toucher l’impact qui creuse ma tête, et se heurter à ce qui s’infiltre, sans retenue, sans contours, lentement. Appréhender mon propre corps, ma propre tête, perdus dans les complexités du réel. Poser le pied-. Flotter-. Tendre vers l’ouvert-. Vouloir le vivant.

Se baigner dans les mouvances des éléments, suivre leurs ondulations et circulations. Se glisser dans les nervures, les colonnes, les vertèbres et puis vibrer. Sentir les durées de l’espace, goutter ses différences qualitatives. Se rapprocher très près, s’éloigner très loin, et voir les yeux fermés. Asperger l’air de mes impulsions, mes expulsions, mes déplacements.

La peinture se construit couche par couche. Les couches se superposent comme pour s’éloigner, à chaque fois plus, de la surface qui ne voudrait laisser d’elle que ses différentes rugosités. »